Cinéma

Les premières projections cinématographiques eurent lieu en 1897 en Ouzbékistan, soit deux ans après la date "officielle" de la naissance du cinéma en France. Dès le début du 20e siècle, l’Ouzbékistan apparaît comme la république leader d’Asie centrale dans l’industrie cinématographique. A partir de 1919, le pouvoir soviétique qui arrive dans la région, nationalise les salles de cinéma et l’utilise comme outil de propagande, entre autres pour encourager les femmes à prendre leur indépendance et à renoncer à la burqa. Cette période est illustrée dans toute son ambiguïté dans Sans peur d’Ali Khamraev (1971), mais aussi de manière beaucoup plus ludique dans Baie amère de Kamara Kamalova (1975).

 

La seconde guerre mondiale marquera beaucoup le cinéma ouzbek. Comme dans tous les états de l’Union soviétique, de nombreuses femmes ont perdu leur mari, leurs fils ou les deux. Mais l’Asie centrale vit également la guerre d’un point de vue différent. En effet, durant cette période, la région devint la terre d’accueil de beaucoup de citoyens soviétiques, bénéficiant ainsi d’un grand mélange culturel. Ceci permettant aussi aux femmes d’affirmer encore un peu plus leur indépendance. Les studios d’Uzbekfilm accueillent, quant à eux, une partie du célèbre studio Dovjenko de Kiev, profitant ainsi de l’expérience de ses réalisateurs et de ses techniciens. Ces années troubles sont retracées dans Triptyque d’Ali Khamraev (1979).

 

Bien qu’en Russie le renouveau du cinéma arriva au milieu des années 50, après la fin du stalinisme, il faudra attendre les années 60 en Asie centrale pour un renouveau qui coïncidera avec la naissance de nouvelles vagues un peu partout dans le monde. En Ouzbékistan, les jeunes cinéastes seront très influencés par le néo-réalisme italien qu’ils ont découvert en faisant leurs études à l’Institut de Cinéma de Moscou. Tendresse d’Elier Ichmoukhamedov (1967) est un des plus beaux exemples de ce cinéma libre, frisant parfois le documentaire, mais avec de forts accents lyriques.

 

Une des particularités du cinéma ouzbek est que, dès son développement, il s’est voulu cinéma populaire avant tout, faisant appel ainsi à des genres tels que le film historique. Ce genre sera revisité par un des maîtres du renouveau des années 60, Elier Ichmoukhamedov avec La jeunesse d’un génie (1982). Mais on vit également la floraison d’un cinéma qui tenta de trouver un juste milieu entre l’idéologie soviétique et le cinéma d’action : le Eastern. La septième balle d’Ali Khamraev (1972) est un classique de ce genre à part, à la croisée des influences hollywoodienne et soviétique.

 

Les années 90 ont été décisives pour l’Ouzbékistan ainsi que pour sa cinématographie, avec la prise d’indépendance suite à l’effondrement de l’Union soviétique. Il existe une situation unique pour l’industrie du cinéma en Ouzbékistan due à la politique actuelle. En effet, il existe une certaine censure interdisant d’aborder des thèmes politiques par exemple. Mais le gouvernement subventionne fortement cette industrie (actuellement, il finance environ 15 longs métrages de fiction par an) afin de faire exister  un cinéma national populaire. Les garçons dans le ciel de Zoulfikar Moussakov (2002) visait ainsi un public ouzbek jeune. Ce film est devenu culte pour toute une génération. Ainsi les années 90 et 2000 ont vu naître plusieurs grands talents en Ouzbékistan et notamment Yousoup Razykov qui obtint en 2006 le Grand Prix du Jury International du festival international des cinémas d’Asie de Vesoul avec Le gardien.

 

Liste non exhaustive de films ouzbeks :

Alisher Navoï (1947) de Khamil Yarmatov

Avicenna (1957) de Khamil Yarmatov

Petites histoires d'enfants qui... (1961) de Ali Khamraev (titre original : Malenkie istorii o detyakh, kotorye...)

Salom, 'Bahor'! (1962) de Ali Khamraev

La première confession (1963) de Ali Khamraev (titre original : Pervoye priznaniye)

Où es-tu ma Zoulfia ? (1964) de Ali Khamraev (titre original : Gde ty, moya Zulfiya ?)

Osiyo ustida bo'ron (1965) de Khamil Yamatov

Formula radugi (1966) de Georgi Yungvald-Khilkevich

Les cigognes blanches, blanches (1966) de Ali Khamraev (titre original : Belye, belye aisty)

Tendresse (1967) de Elier Ichmoukhamedov (titre original : Nezhnost')

Dilorom (1967) de Ali Khamraev

Babushka, pyati tysyach vnukov (1967) de Ali Khamraev

Ikki qalb navosi (1968) de Khamil Yamatov

Les sables rougesi (1968) de Ali Khamraev (titre original : Krasnye peski)

Attention, tsunami ! (1969) de Georgi Yungvald-Khilkevich (titre original : Vnimaniye, tsunami !)

Opasnye Gastroli (1969) de Georgi Yungvald-Khilkevich

Les amoureux (1969) de Elier Ichmoukhamedov (titre original : Vlyublyonnyye)

Qora konsul o'limi (1970) de khamil Yamatov

Chrezvychainyy komissar (1970) de Ali Khamraev

Derzost (1971) de Georgi Yungvald-Khilkevich

Sans peur (1971) de Ali Khamraev (titre original : Bez strakha)

Lenine et Turkestan (1971) de Ali Khamraev (titre original : Lenin i Turkestan)

La septième balle (1972) de Ali Khamraev (titre original : Sedmaya pulya)

Petka v kosmose (1972) de Georgi Yungvald-Khilkevich

Rencontres et adieux (1973) de Elier Ichmoukhamedov (titre original : Vstrechi i rasstavaniya)

Lenine et Ouzbékistan (1974) de Ali khamraev (titre original : Lenin i Uzbekistan)

Baie amère (1975) de Kamara Kamalova (titre original : Gorkaia iagoda)

Chelovek ukhodit za ptitsami (1975) de Ali Khamraev

Poklonnik (1975) de Ali Khamraev

Les oiseaux de nos espoirs (1976) de Elier Ichmoukhamedov (titre original : Ptitsy nashikh nadezhd)

Gody bratstva i ispytaniy. Uzbekistan 1941-1945 (1976) de Ali Khamraev

Tufli S Zolotymi Pryazhkami (1976) de Georgi Yungvald-Khilkevich

Transsibirskiy ekspress (1977) de Eldor Urazbayev

Le bonheur d'autrui (1978) de Kamara Kamalova (titre original : Chuzhoe Schastye)

D'Artagnan et les trois mousquetaires (1978) de Georgi Yungvald-Khilkevich (titre original : D'Artanyan i tri mushketyora)

Triptyque (1978) de Ali Khamraev (titre original : Triptikh)

Frak dlya shalopaya (1979) de Eldor Urazbayev

Ah, Vaudeville, Vaudeville... (1979) de Georgi Yungvald-Khilkevich (titre original : Akh, vodevil, vodevil...)

Le garde du corps (1979) de Ali Khamraev (titre original : Telokhranitel)

Podgotovka k ekzamenu (1979) de Boris Konunov

Demain, tu sors ? (1980) de Kamara Kamalova

Kazhdyy tretiy (1980) de Eduard Khachaturov

Nos années ! (1980) de Elier Ichmoukhamedov (titre original : Kakie nashi gody !)

Smotri v oba ! (1981) de Eldor Urazbayev

Kuda on denetsya ! (1981) de Georgi Yungvald-Khilkevich

Les portes rouges (1981) de Ali Khamraev

Inspektor GAI (1982) de Eldor Urazbayev

La jeunesse d'un génie (1982) de Elier Ichmoukhamedov (titre original : Yunost geniya)

A propos de ce qui ne s'est pas passé (1983) : Kamara Kamalova

Dvoe pod odnim zontom: Aprelskaya skazka (1983) de Georgi Yungvald-Khilkevich

Zharkoye leto v Kabule (1983) de Ali Khamraev

Tufli s zolotymi pryazhkami (1984) de Georgi Yungvald-Khilkevich

Malenkoe odolzhenie (1984) de Boris Konunov

Nevesta iz Vuadilya (1984) de Ali Khamraev

Sezon chudes (1985) de Georgi Yungvald-Khilkevich

Adieu vert de l'été... (1985) de Elier Ichmoukhamedov (titre original : Proshchay, zelen leta...)

Ya tebya pomnyu (1985) de Ali Khamraev

O tom, chego ne bylo (1986) de Kamara Kamalova

Sekunda na podvig (1986) de Eldor Urazbayev

Kto voydyot v posledniy vagon (1986) de Boris Konunov

Vyshe radugi (1986) de Georgi Yungvald-Khilkevich

Vizit k Minotavru (1987) de Eldor Urazbayev

Le jardin des désirs (1987) de Ali Khamraev (titre original : Sad zhelaniy)

Klinika (1987) de Rashid Malikov

Uznik zamka If (1988) de Georgi Yungvald-Khilkevich

Le choc (1988) de Elier Ichmoukhamedov (titre origiinal : Shok)

Kolka (1988) de Hussein Erkenov

Zapadnya (1988) de Boris Konunov

Le sauvage (1989) de Kamara Kamalova (titre original : Dikar)

Une histoire de soldat (1989) de Zoulfikar Moussakov

Iskusstvo zhit v Odesse (1989) de Georgi Yungvald-Khilkevich

Sto dney do prikaza (1990) de Hussein Erkenov

Abdulladzhan (1991) de Zoulfikar Moussakov

God khoroshego rebyonka (1991) de Boris Konunov

Kholod (1991) de Hussein Erkenov

Tamerlan le Grand (1991) de Ali Khamraev

Ange en feu (1991) de Yousoup Razykov

Mushketyory 20 let spustya (1992) de Georgi Yungvald-Khilkevich

Le code du silence (1992) de Zinovi Roizman (titre original : Kodeks molchaniya)

Kirk kulok siri (1992) de Rashid Malikov

Nulevoy variant (1992) de Ravshan Otkirov

Tram-tararam, ili bukhty-barakhty (1993) de Eldor Urazbayev

Ne strelyayte v passazhira (1993) de Hussein Erkenov

Tayna korolevy Anny ili mushketyory 30 let spustya (1993) de Georgi Yungvald-Khilkevich

V Bagdade vsyo spokoyno (1993) de Mukhitdin Mukhammadiyev

Je suis coupable (1993) de Yousoup Razykov

Hagi-Tragger (1994) de Eldor Urazbayev

Bombe (1995) de Zoulfikar Moussakov

Sogdiana (1995) de Giyas Shermukhamedov

Velikij turan (1995) de Giyas Shermukhamedov

Tout était couvert de neige (1996) de Kamara Kamalova (titre original : Vse Vokrug Zasypalo Snegom)

Afyory, muzyka, lyubov... (1997) de Georgi Yungvald-Khilkevich

Bo Ba Bu (1998) de Ali Khamraev

L'orateur (2000) de Yousoup Razykov (titre original : Voiz)

Petit docteur (2000) de Zoulfikar Moussakov

Maman (2000) de Zoulfikar Moussakov

Le paradis des femmes (2000) de Yousoup Razykov (titre original : Zjenskoe tsarsvo)

Urly Burly (2001) de Shavkat Karimov

Les héritières (2001) de Elier Ichmoukhamedov

La Danse des hommes (2002) de Yousoup Razykov (titre original : Dilhiroj)

Les garçons dans le ciel (2002) de Zoulfikar Moussakov

Les galoches (2002) de Zoulfikar Moussakov

Cinedictum (2002) de Shavkat Karimov

Camarade Boykenzhaev (2003) de Yousoup Razykov

Les garçons dans le ciel 2 (2004) de Zoulfikar Moussakov

Giant and Squab (2004) de Djakhangir Kasymov

Le guérisseur (2004) de Yousoup Razykov

Le gardien (2005) de Yousoup Razykov (titre original : Erkak)

L'adolescent (2005) de Yolkin Tuychiev (titre original : Orzu ortida)

Rodina (2006) de Zoulfikar Moussakov